dimanche 20 juillet 2014

Vision du plus vieux métier du monde au XIXème : « le mal nécessaire »

 Par Alabama


Aujourd’hui, je vous emmène sur un thème historique dont vos profs de lycée vous auront peu parlé : la prostitution du XIXème siècle jusqu’en 1946. Pourquoi le XIXème ? Parce que c’est, en France, l’apogée du bordel. Le pur, le vrai. Pourquoi 1946 ? Parce que c’est la date de la loi sur la fermeture des maisons closes françaises. Le tableau que je vais vous dresser concernera donc ce centenaire et demi, car les pratiques évoluent peu après la grande réinvention qu'en fait la Révolution. Vous verrez que ce tableau fait bien réfléchir sur la situation actuelle des prostituées. Mais, diable, pourquoi n’aurions-nous pas de bordels réglementés par l’Etat pour garantir la santé et la sécurité de ces vendeuses de rêve (et d’autres petites choses) ?


Vorstadt und Salon de Josef Engelhardt.

« La prostitution : le mal nécessaire ? » Voilà comment Alain Corbin titre son article publié dans la revue L’Histoire. Alain Corbin, c’est mon copain d’Histoire des putes. Pour étudier cette Histoire, il faut partir d’un constat simple : l’Etat, les magistrats, la police, personne n’a jamais réussi à étouffer la prostitution. Et poursuivre sur une notion plus complexe, celle des différentes politiques adoptées à l’égard de ce métier. Ici, je ne m’aventurerai pas à juger le métier même de prostituée. Je voudrais simplement vous montrer le point de vue que l’on avait dessus au XIXème siècle. La profession n’a pas, ou peu, changé, mais la manière de la percevoir et de la pratiquer, elle, n’est plus du tout la même. Et pour cela, je vais vous livrer le quotidien d’une prostituée à l’époque, en vous laissant faire votre propre comparaison, et donc, votre propre avis.


Mais avant, ça se passait comment ? 

Challenge : en trois lignes, vous résumer l’Histoire de la prostitution avant le XIXème. Prêts ? Parce que je n’y arriverai jamais. Je me concentre sur le cas français, donc on zappe l’Antiquité, parce que techniquement, la France, ça commence au Moyen Âge. En ce temps fort reculé, et ça peut paraître très étonnant, les prostituées sont les gardiennes des mœurs, pour lesquelles on les sacrifie. Elles sont gérées par l’Etat (enfin, l’Etat… La notion est beaucoup plus méga compliquée, mais zappons), perçues comme un moindre mal. Pour résumer, certes, avoir des putes, c’est pas bien. Mais il faut bien quelqu’un pour canaliser les pulsions sexuelles des hommes, les déniaiser et les détourner du péché de l’homosexualité (le maaal). Comme toujours, vous le verrez, il existe plusieurs formes de prostitution, de celles des fêtes de village jusqu’aux entretenues des hôtels royaux. Et voilà, j’ai raté mon pari des trois pauvres lignes. Les prostituées sont très surveillées, tout est réglementé : leurs déplacements, leurs fréquentations (pas d’hommes mariés, de prêtres ou de juifs), leurs vêtements (tête nue, pas d’ornement, pas de fourrure, pour être différenciées des femmes honnêtes). Ce sont (en théorie) des femmes qui ne peuvent pas être mères : étrangères, campagnardes (des ploucs venues en ville, quoi), des femmes violées ou engrossées hors mariage, des veuves ou des délaissées. Malgré leur utilité reconnue, elles sont impures (toucher de la nourriture qui ne leur est pas destinée ? Le maaal bis).

Le Transport de Jeaurat (1755). 
Bref, bientôt arrive le XVIème siècle, avec ses gros sabots. Bon, oubliez l’Humanisme et les trucs que vous avez appris au lycée, le XVIème, c’est pas si jouasse que ça, comme époque. Les guerres de religion, par exemple, on a connu plus cool. Niveau prostitution, tout se renverse : c’est définitif, c’est pourri, il faut l’éradiquer. La prostitution clandestine se répand, les conditions de vie de nos prostituées se désagrègent avec. Puis de toute façon, c’est toujours la femme qui est fautive si on la prend en train de se faire payer pour du sexe. Les Temps Modernes apportent une grande nouveauté : les asiles pour femmes repenties, bientôt rejointes par celles qui risquent de tomber dans la prostitution, les pauvres, célibataires ou veuves. Vous voulez rire ? L’ordonnance concernant ces asiles précise qu’ils n’acceptent que les jolies filles, les laides « n’ayant pas à craindre pour leur honneur ». Mais la clandestinité est toujours d’actualité, les répressions n’étant que peu efficaces. Et voilà comment on arrive au XIXème siècle, qui décide de codifier les maisons de tolérance. Pardon pour le non-respect total de mon challenge. Je ferai mieux la prochaine fois, promis.

Et le XIXème siècle, alors ? 

Nana représentée par Manet.
Notre brave XIXème. Le système mis en place après la Révolution vise à tenir les filles de joie à part, hors de la société, à les enfermer. Mais toute la prostitution ne réside pas dans ces maisons. Il nous en faut décomposer trois sortes. Tout d’abord, les filles entretenues, les grisettes, des lingères, couturières, modistes, qui ont besoin d’arrondir leurs fins de mois. Leur but ? Trouver un protecteur pour les installer et les entretenir. Il s’agit là souvent d’une illusion pour échapper à la condition ouvrière. D’autres en font un métier à temps plein, à se parer et à séduire : selon les régimes, les surnoms changent. Ce sont des lorettes, des demi-mondaines, des lionnes, des cocottes, des grandes horizontales, de belles petites, bref, tout ça pour dire qu’on avait beaucoup plus d’imagination qu’aujourd’hui. Allez lire Nana, ça donne une bonne idée de ce que ça pouvait être.

Ensuite, la prostituée libre, dite « fille à carte ». C’est celle qui exerce à domicile ou sur la voie publique, soumise à une réglementation draconienne : son « fichage » lui impose de produire sa « carte » à toute demande de la police. Il lui est interdit d’exercer en dehors de certaines heures (à Paris, 19h-23h. Les 35h sont bien loin, ma p’tite dame) ou aux abords de certains lieux (églises, jardins publics, Grands Boulevards, Champs-Elysées, quais, ponts, etc.). Elle doit se présenter chez un médecin toutes les deux semaines, ne doit pas être vue à sa fenêtre, ni sortir « en cheveux » (c’est-à-dire sans chapeau), mais avec une mise simple et décente. Vous avez compris, cette catégorie est un véritable enfer législatif, auquel il faut se plier si l’on ne veut pas finir à l’hôpital, en asile ou en prison. C’est sympa.

Mais la catégorie qui m’intéresse ici le plus est celle de la prostitution close, avec ses « filles à numéro », exercée dans des établissements clairement identifiés comme tels et soumis à des impératifs… Méga stricts. Ce sont les maisons de tolérance évoquées plus haut. Et c’est à elles que je veux consacrer mon attention. Le petit problème, c’est qu’avant l’entre-deux-guerres, les prostituées ne s’expriment quasiment pas sur ce qu’elles vivent. Tout ce qu’on sait, c’est par quelques clients ou policiers bavards, par des médecins qui décrivent ce qu’ils voient ou des textes de lois. Ambiance.

Ce qu’il faut bien comprendre sur le XIXème siècle, c’est que le bordel n’en est pas un endroit honteux. C’est un lieu de détente, ordinaire et naturel. Les bordels officiels, contrôlés par la police et les médecins, ont tendance à baisser au fil du siècle, en faveur des bordels clandestins. Pour le petit chiffre, on estime qu’un quart des hommes parisiens avaient des relations régulières avec des prostituées. Ça, c’est fait. 


Carte de réclame du 4, Cité Pigalle
« Madame Bérénice, marchande de frivolités, vous invite à visiter son hôtel directoire.
Vous y verrez de belles gravures, des estampes et d'autres choses encore.»

Le genre de filles qu’on y trouve est toujours plus ou moins le même : marginalisées pour être étrangères ou déflorées. Le XIXème siècle a un recrutement beaucoup plus systématique et brutal que les siècles antérieurs. La pauvreté s’est accrue, les naissances aussi. Résultat : beaucoup de femmes n’ont rien pour vivre et doivent travailler. Même celles avec un petit job, comme l’ouvrière ou la fleuriste, peuvent être repérées par des bandes de souteneurs pour subitement changer de métier, de gré ou de force. Bon, c’est plus souvent de force, quand même. Les jeunes filles vierges sont particulièrement recherchées : les trafiquants simulent l’amour, promettent un mariage, de l’argent, font boire les filles et finissent par les conduire aux clients. Et le piège se met en place.

Vous l’aurez compris, le XIXème siècle fait du neuf à propos de la prostitution. Tout à l’heure, je vous disais que ces filles ne s’exprimaient pas sur leur quotidien : c’est parce qu’elles représentent une tache, un défaut sur les mœurs parfaites de notre France. Laissez-moi vous présenter un nouveau personnage : M. Parent-Duchâtelet (mouhahaha, le nom pourri), un médecin hygiéniste, qui rédige, dans le premier tiers du XIXème, un pavé intitulé De la Prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l’hygiène publique, de la morale et de l’administration. Succin comme il faut. Et dans ce rapport, voici comment M. Parent-Duchâtelet voit les prostituées : immorales, mais indispensables. Un objet au service de la société. Cela devrait vous rappeler la vision du Moyen Âge. Eh bien, ce n’est pas loin. Citons Parent-Duchâtelet : « Les prostituées sont aussi inévitables, dans une agglomération d’hommes, que les égouts, les voiries et les dépôts d’immondices […], elles contribuent au maintien de l’ordre et de la tranquillité dans la société. » Sans elles, l’homme « qui a des désirs pervertira vos filles et vos domestiques […], il mettra le trouble dans les ménages. » Il faut à tout prix empêcher les prostituées de pénétrer la sphère privée de la maison des honnêtes gens (le double sens de cette phrase est totalement involontaire), et faire venir les hommes à elles. La raison est très simple : elles acquièrent des vices dont elles ne peuvent se débarrasser lorsqu’elles cessent leur « carrière ». Parent-Duchâtelet va jusqu’à affirmer que la débauche est héréditaire. « Comme le crime, la prostitution forme une contre-société souterraine. » explique A. Corbin. Ces deux strates sociales doivent vivent en parallèle, se côtoyer mais jamais se mêler.  

Concrètement, pour une prostituée, c'était quoi, un bordel ? 

Extrait du Guide Rose.
Avançons un peu, et entrons dans les maisons closes. A l’intérieur de ces bordels officiels, les règles sont toujours au rendez-vous, d’abord représentées par les traditions et rites : une lanterne rouge visible (la fameuse chantée par Sting  allez, écoutons, c'est toujours bon pour nos oreilles  qui existe tout de même depuis la Rome antique), un Guide Rose, recensant les meilleurs établissements, à la base réservé aux professionnels, mais rapidement vendu à la sauvette à prix d’or. Ce sont ensuite des règles de sécurité, mais, comme nous allons le voir, trop rarement destinées aux prostituées elles-mêmes. La sécurité passe surtout par l’hygiène. Le client ne doit être soumis à aucun risque. Il ne faudrait pas qu’il transmette une maladie à sa respectable épouse. Mais tout cela constitue un concept assez utopique, puisqu’une maladie vénale se répand vite. Très vite. Pour Parent-Duchâtelet (j’ai failli mettre ses initiales avant de me rendre compte que… Non, ce n’est pas une bonne idée), la syphilis est pire que la peste. La syphilis, c'est qui a touché Baudelaire, Flaubert, Maupassant, Manet. Entre autres. Les visites médicales sont très régulières, mais malheureusement insuffisantes. Les mœurs doivent également être surveillées au sein de la maison : on craint le tribadisme (une pratique sexuelle entre femmes, donc entre prostituées. Vous vous rappelez ? Ce sont des monstres assoiffés de sexe qui font ce métier pour apaiser leurs pulsions incontrôlables). C'est pourquoi chaque chambre doit être visible par la tenancière (la patronne, une Maman, qui protège et retient ses filles) de l’extérieur.

L'annexe médicale du One Two Two.

N’oublions pas les désagréments quotidiens : les règles (problème qu’on résolvait par un bain glacé), et bien sûr, les grossesses. Les moyens de contraception existent, mais de là à être efficaces, c’est une autre histoire : les préservatifs sont connus depuis fort, fort longtemps, mais leur usage demeure très limité au sein des maisons. A part dans les maisons de luxe, où ils sont distribués gratuitement, il faut les payer. Un prix et une utilisation peu attirants font que les clients les dédaignent. Après le rapport, les filles pratiquent des injections de divers produits pour nettoyer et éliminer le sperme restant. L’espoir naïf, dirions-nous aujourd’hui. Il faut néanmoins compter le nombre gargantuesque de fausses-couches causées par les pratiques sexuelles, et y ajouter celui des avortements et des risques qui l’accompagnent. Parent-Duchâtelet, ce génie du temps, conclue, lui, que beaucoup de filles sont infécondes en proposant l’explication d’un rejet psychologique de la grossesse. On pense aujourd’hui qu’il est plus probable que les maladies gynécologiques en aient été la cause.

Outre la santé physique des filles, leur santé mentale est souvent déstabilisée. En dehors des bordels, on se pose rarement la question : pourquoi se prostituer ? Il n’y a pas forcément d’histoire tragique à la Fantine, ni de traumatisme profond qui se transmettra sur cent générations : on trouve même certains cas de carrières fulgurantes (jetez un coup d’œil à celle de Casque d'Or, qui est assez impressionnante). Cependant, ils restent rares. On parle plus volontiers de « misère sexuelle ». Joséphine Butler, une féministe anglaise, le remarquait en 1870 : « Les jeunes filles se trouvent à la merci d'une société qui leur refusait toit, nourriture, travail, respectabilité et même pitié. Elles n'avaient plus qu'à vendre leur corps. Donc, il est extrêmement rare que l'on choisisse d'exercer la prostitution. ». Les femmes du XIXème ont une gamme de métiers très limitée à leur disposition, et, malgré cela, elles sont souvent entraînées dans les bordels par un placeur, que ce soit un total étranger ayant repéré sa proie ou un proche voulant se faire deux-trois pièces de plus par mois. C’est de l’esclavage moderne, et le mot n’est pas fort. Lorsque l’on embauche une prostituée, on regarde jusqu’à ses dents. Que voulez-vous, contrairement au cheval, la pute n’est pas donnée. Lorsqu’une femme entre en maison de plein gré, c’est souvent pour échapper à un homme, un mari ou un père. Mais le bordel s’impose comme un piège. Le principe est simple : une femme entre en maison, elle cherche à gagner de l’argent. L’objectif de la tenancière est de lui faire comprendre qu’elle lui coûte beaucoup, en médecin, blanchissage, nourriture, produits d’hygiène et parfums. Elle lui fait contracter des dettes pour la moindre raison. Si une femme se prostitue pour échapper à la misère ou pour se délivrer de la dépendance à un homme, le choix de la maison est très peu judicieux, donc. Je vous l’annonce : beaucoup (trop) de femmes se sont retrouvées emprisonnées dans ce système pour ne jamais en sortir. Le grand espoir est d’être rachetée par un homme, un homme qui paierait toutes les dettes. C’est ce qu’a réussi à faire Casque d’Or.  

On s’éloigne peu à peu de l’image bohème, ou du combo plumes-champagne-cigare que l’on peut avoir de ces maisons. Seulement, il faut savoir qu’il n’en existe pas qu’une seule sorte. On a beau dire ce qu’on veut, au XIXème, quand on le voulait, on savait s’amuser. Les maisons les plus courants sont des tôles d’abattage. Pour éviter tout trafic d’argent, on paie avec des jetons achetés à l’entrée : pour être claire, ce sont des usines d’où on crie « Qui donne dix sous ? Qui monte ? ». On compte soixante-dix à cent passes par jour. Je vous laisse un moment pour vous rendre compte de ce que ça représente. Dans ces tôles d’abattage, on trouve des spécialisations, comme les tôles à passion, l’ancêtre des clubs SM.  

Photographie d'une chambre de La Fleur Blanche.
Mais ce qu’on retient surtout de ce siècle, ce sont les grandes maisons : le Sphinx, le Chabanais, les Belles Poules, la Fleur Blanche, pour n’en citer que quelques-unes. Pour mieux comprendre cet univers, je vais étudier l’exemple du One Two Two. Cet établissement, situé 122 rue de Provence à Paris, d’où le nom, est tenu par une certaine Madame Doriane. Sa spécificité ? Faire faire le tour du monde à ses clients, grâce à vingt-deux chambres à thème. Parmi lesquelles la chambre des tortures du Moyen Âge, la cabine de l’Orient Express, avec des sons de train enregistrés, la chambre igloo, la chambre romaine, la chambre grecque, la cabine de paquebot transatlantique et la chambre galerie des glaces. Qui peut bien aller là-dedans ? Eh bien Léopold III, Churchill, Fernandel, Chaplin, Gabin, Edith Piaf, Sacha Guitry, Cary Grant. Tout cela pour vous faire comprendre le naturel qui résidait dans le monde de la maison close : rien ne se cachait, c’était aussi naturel que d’aller au café. Le bordel, le vrai, le grand, ce n’était pas uniquement une question de sexe. Retour dans notre One Two Two : là, au beau milieu, se trouvait un restaurant, appelé Le Bœuf à la Ficelle. Les bordels français avaient une élégance si réputée qu’une visite obligatoire a fini par s’installer dans le protocole des visiteurs étrangers, un événement que l’on appelait la « visite au Président du Sénat » sur les emplois du temps officiels. Pauvre sénateur.

Façade des Belles Poules. On dirait un vieux machin tout
moche, ça fait un peu mal au cœur. 
Il est cependant à déplorer que l’Histoire de la prostitution ait été passée sous silence – comme une bonne partie de l’Histoire des femmes. Trop peu a été préservé : les grands lieux ont été transformés, oubliés. A Paris, seule la façade des Belles Poules, au 32 rue Blondel, est encore visible. Il faut savoir qu’en 1946, une militante (et aviatrice, et espionne, et ancienne prostituée, enfin bref, une dame super cool), Marthe Richard, a réussi à faire interdire les maisons closes en France. Avant cela, ces établissements ont pris du bon temps, en prenant leur essor tout au long du XIXème pour s’épanouir pendant la IIIème république (telles des fleurs. Oui, j’arrête les images moisies.).

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’image que l’on a aujourd’hui des maisons closes est très différente de la réalité, pleine de légendes urbaines, fabriquée par les hommes, pour les hommes. C’est triste, mais c’est ce qui pimente le défi de faire aujourd’hui l’Histoire des femmes. Eh eh eh, vous savez quoi ? C'est dans ma fac qu'on a eu l'idée d'étudier cette Histoire-là ! (Désolée, faut que je me donne du courage pour aller à Paris X tous les matins.) J'ai malheureusement dû faire court : la prostitution est un sujet très intéressant, sur lequel je pourrais déblatérer des heures entières. Je voulais seulement vous donner une vision globale de la chose, en contenant les détails sordides pour éviter qu'on me lance des pierres sur Internet. En revanche, si un récit plus poussé attire votre attention, n'hésitez pas à me laisser un commentaire pour me le faire savoir, et je referai un autre article (pour lecteurs plus avertis, cette fois ; tout cela n'est vraiment pas joyeux). 

A bientôt !

Pour aller plus loin :

- Le film de Bertrand Bonello, L’Apollonide : Souvenirs de la maison close, un huis-clos qui déchire vraiment niveau photographie. C’est rare que je dise d’une œuvre cinématographique « Waouh, ça aurait presque pu se passer comme ça pour de vrai à cette époque. », mais là, ça le vaut. Plein de nominations aux Césars et une récompense pour les costumes en plus.
- Un article d’Alain Corbin publié dans L’Histoire que vous pouvez consulter gratuitement ici.
- Un bouquin écrit par Alain Corbin, Les Filles de Noce - Misère sexuelle et prostitution aux XIXème-XXème siècle, Flammarion, Paris, 1978.
- Une émission de vulgarisation d’Histoire (parfaite pour aller à la fac ou au boulot le matin) présentée par Frank Ferrand, intitulée « Quelques lieux de plaisir », à écouter ici.
- Wikipédia, tout simplement. Malgré ce que beaucoup disent, c'est un outil très utile, lorsque l'on débute sur un sujet. Je ne vous ferai pas le roman sur pourquoiWikipédiac'estdangereux, on vous le joue assez. Vraiment, n'hésitez pas à aller lire quelques pages (même mes profs d'université cautionnent !). 


3 commentaires:

  1. Salut !
    J'ai adoré lire ton article ! Très long, et c'est pour cela que mon commentaire restera concis, sinon j'ai pas finie de tout commenter ! Mais tout de même passionnant. J'aime beaucoup, même si cela peut paraitre étrange, le domaine de la prostitution au 19eme siecle. Ce côté horrible et mystérieux, à la limite de la fiction me fascine. C'est un peu comme la guerre d'ailleurs, j'aime, mais je trouve ça horrible. Bref, j'ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas, comme les noms des établissements et l'historique des bordels. Les quelques photos sont aussi splendide !
    Pour parler de Nana, j'avais très envie de le lire (toujours maintenant d'ailleurs). Mais comme son créateur n'est autre que le célèbre ronflant messire Zola, le roi des descriptions sur 500 pages, j'étais un peu réticente à cette lecture. L'as-tu lu ? Est-ce qu'il est bien ? Et si le fantômes de Zola lis ça, je suis désolé pour le terme 'ronflant' >_>
    Les articles que tu proposes en fin d'articles on l'air vraiment intéréssant, je vais allé jeter un coup d’œil !
    Pour ce qui est de l'Apollonide, j'ai trouvé ce film tout bonnement extraordinaire. Les histoires tragiques et bouleversante, la dur réalité de ce monde, mais surtout les magnifiques décors !
    Il existe aussi une super méga généralissime série intitulé "Maison Close", en deux saisons, qui raconte également l'histoire d'un célèbre bordel parisien.
    Mais ce qui m'horrifie/fascine le plus, c'est les cas des pauvres jeunes filles enrôlé de forces et piégé dans ses maisons closes. C'est vraiment tragique comme destin... >_< J'avais lu une histoire, ou un bout d'histoire, qui racontait la vie d'une fille dans ce cas présent, écrit par Sade.

    Voilà ! Quoi qu'il en soit, c'était vraiment un super article, bien complet, tenant et pleins d'informations intérésntes ! Merci encore :)

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    Réponses
    1. Mooh, je suis trop super contente que l'article t'ait plu ! Ça peut paraître morbide, mais j'adore aussi tous ces domaines (comme tu as pu le voir). Tout ça nous fait sortir de notre quotidien. Tu dis que c'est à la limite de la fiction, je suis complètement d'accord. C'est tellement étonnant, aujourd'hui, de voir à quel point tout ça a pu être naturel à l'époque, c'est incroyable. Cet article est un gros résumé d'un exposé que j'avais fait (avec la Maman des Dragons, d'ailleurs) en prépa, on avait 4000 photos, je me suis tellement retenue de tout mettre ><
      En ce qui concerne Nana, je dois te faire un aveu : un des buts de ma vie, c'est de réussir à avoir un doctorat de lettres modernes sans jamais avoir lu de Zola. Je déteste Zola. Mais bon, c'est parfaitement dans le sujet, et puis, vu le nombre d'amis que j'ai fanatiques de Zola, je suppose que c'est tout simplement une question de goût, alors je ne peux que te conseiller de le lire :)
      J'ai aussi eu un gros coup de coeur pour L'Apollonide, je me suis toujours pas remise de ce film ! Et merci pour Maison Close, j'avais entendu parler de cette série il y a quelques temps, je l'avais complètement oubliée. J'ai trouvé ma série du mois d'août, je crois :)
      En tout cas, merci pour ton commentaire, ça m'encourage à faire encore plus d'articles d'Histoire !

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    2. C'est vrai que c'est étonnant, même s'il se passe des trucs horrible partout dans le monde. Le fait que ce soit autant ancré dans la normalité de cette période me choque et me fascine !
      Trop bien comme exposé en tout cas ! J'aurais vraiment aimé voir plus de photos cependant ^^
      Ah ! Je crois que c'est un super défis là, et ça prouverait bien que Zola n'est pas "necessaire" en terme de littérature. Même s'il à fais tout un paquet de livres sur des générations de personnages, qu'il a étudié la folie héréditaire et les fais sociaux de l'époque. Tout ce que ce qu'il retransmet dans ses livres c'est blablabla.... Alors est-ce que c'est dommage ou pas ? J'en sais rien, tout ce que je sais c'est que ses histoires sont, dans le fond, très intéréssante. Mais sur 300 pages, il y aura seulement 5 pages de pure actions géniale gachée par tout pleins de blabla inutiles... Alors moi, je te soutiens à fond là dedans ! Et tu me tiendras au courant si tu as réussi !! Je veux pouvoir dire "ouais bah je connais quelqu'un qui a eu un docorat en lettres sans lire de Zola alors hein" xD

      De rien pour Maison Close, je crois qu'il va te plaire :D
      Et oui, fais plus d'articles ! :D

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