mercredi 30 juillet 2014

Œdipus/bêt noir : petite critique très professionnelle d'un bien étrange ballet

Par la Maman des Dragons 

Avant de commencer cet article, je veux qu’on se mette d’accord sur un point : je vous aime. Sachez-le bien au fond de votre cœur et quand vous aurez envie de me taper avec un écureuil mort, souvenez-vous en. Ceci étant dit, je commence. Vous vous souvenez de mon dernier article ? Celui sur la mise en scène moderne et le théâtre classique ? (Si vous voulez lire c’est par ici !) Dans ma conclusion, je vous disais que le mariage était impossible. Je vous avais parlé d’Hamlet par la Comédie Française, de Roméo et Juliette par le Théâtre national de Chaillot et de Lucrèce Borgia par le Théâtre de l’Athénée (ou Théâtre Louis Jouvet, c’est vous qui choisissez). Mais j'avais également cité un bijou de la mise en scène moderne : Œdipus/bêt noir. C’est ça, vous avez compris : je vais vous faire un article ENTIER sur cette pièce. Allez ne pleurez pas, ça va être rigolo.

Je suis allée voir cette pièce avec Alabama et notre classe de théâtre de prépa. Honnêtement, aucune de nous deux n’y serait allée volontairement. Et surtout, nous n’aurions pas payé. Mais c’était la prépa qui payait alors on s’est dit « Boooh on va bien voir. Si ça se trouve y’aura le copain de M. Théâtre. » (oui, la vie amoureuse de nos profs nous préoccupait plus que nos concours blancs). Alors on y est allées, Alabama avait trente-neuf de fièvre (Edit d'Alabama : ce n'est pas que je suis tarée, mais on avait une critique à faire dessus. Et ne pas pouvoir rendre un devoir, en prépa, c'est comme courir nue parmi des serpents nourris uniquement de haricots verts. C'est dangereux.), il neigeait, j’étais fatiguée. Vous savez quoi ? PLUS JAMAIS. Je vais vous expliquer pourquoi mais avant, laissez moi vous présenter ce chef-d’œuvre du théâtre moderne flamand (parce qu’en plus c’est pas français. Bah oui, sinon c’est pas drôle).

Œdipus/bêt noir est une adaptation moderne du célèbre mythe d’Œdipe (si si, tu sais qui c’est : le Grec qui tue son père, qui couche avec sa mère et qui répond à l’énigme du Sphinx avant de se crever les yeux et d’errer dans le Péloponnèse). D’accord, une adaptation moderne, pourquoi pas. Mais une adaptation moderne flamande ? Je suis moins sûre pour le coup. Cette pièce a été écrite par Jan Decorte, mise en scène et chorégraphiée par Wim Vandekeybus et elle a été jouée au Théâtre de la Ville du 28 janvier au 3 février 2013. Ceci évacué, passons aux choses sérieuses. Ah, attends. Avant que tu ne lises la suite (et parce que je t’aime très très fort), regarde juste la vidéo qui suit. Tu comprendras mieux de quoi je parle.






« De quoi ça parle ? »
Aucune idée. Sincèrement. Je connais le mythe d’Œdipe sur le bout des doigts mais là… Impossible de comprendre. Et la raison est simple : ils ont tout joué dans le désordre et, tiens-toi bien, tout était en flamand. Oui, en flamand, la langue que tout le monde parle à Paris, c’est bien connu. Alors que les choses soient claires : j’ai déjà vu des pièces en langues étrangères (en anglais ou en italien) mais elles étaient surtitrées. Et oui, c’est possible. C’est comme au cinéma mais au lieu que ce soit écrit en-dessous de la scène, c’est au-dessus pour que tout le monde puisse lire. Oui mais non. C’était surtitré, rien à redire. Ou bien mon cerveau était en panne pour la soirée, ou bien je ne sais pas lire mais j’ai rien compris. Rien du tout. Tout ce que j’ai compris, c’était du flamand. Que du flamand. Autant te dire qu’on a rien pigé. On voyait des images, on entendait un truc (du yaourt au gloubiboulga) et on a rien compris. Parce qu’on est pas stupide, on a réfléchi pourtant. Baaaaaah… voilà quoi.

«  C’était bien ? »
Je ne saurais pas dire. En fait si, je sais. Tu connais l’une des histoires de l’origine du théâtre ? Eh bah on raconte que le théâtre a été créé par Dionysos, le dieu du vin. Et Dionysos est devenu le dieu du vin en tuant un bouc et des bergers, en se bourrant bien la gueule et en dansant autour des cadavres revêtu de la peau de bouc. Super sexy, ce sera la tendance super chic cet hiver. Eh bah je crois qu’Œdipus/bêt noir c’était un peu ça. On voit une gamine accrochée sur une espèce de toile d’araignée géante avec un bonnet de piscine qui bouffe des cailloux et qui pleure. Dans un micro. Et qui parle flamand. Tu comprends rien, t’as mal à la tête et en plus tu vois rien parce que c’est tout noir et que la lumière grisâtre c’est pas tip top caviar. Et puis après elle se fait violer par un vieux papy pédophile avec de la musique à fond et de la lumière type boîte de nuit, attention cette pièce n’est pas pour les épileptiques. Et après sans que tu comprennes pourquoi un mec roux avec les cheveux très bouclés, avec un kilt et des fringues bizarres débarque et parle flamand.

« Tu m’expliques le lien entre ça et ton histoire de bouc ? »
Oui, oui, deux minutes papillon. En fait, ce qui se dégageait de cette pièce, c’est une atmosphère animale, sauvage, presque hypnotique. Je t’avoue que j’ai rien compris sur le coup mais qu’aujourd’hui, presque deux ans après, en y réfléchissant, je me dis que je trouve peut-être un truc. Et donc, pour revenir à mes moutons, le lien se fait peut-être par le côté sauvage, totalement libre, destructeur qui se dégageait de l’ensemble. Ce côté dionysiaque en fait. Mais si tu me demandes de réfléchir plus, là, je peux pas t’aider.
Ah si, peut-être, attends. Le théâtre c’est censé être libérateur, d’accord ? Ça a été créé en Grèce, d’accord ? Œdipe est Grec, d’accord ? Œdipe a fini par se crever les yeux pour ne plus voir ses enfants incestueux et se libérer, d’accord ? Bah voilà. Œdipus/bêt noir, ça doit être ça : le théâtre grec à l’état pur. Je sais pas. Peut-être. J’ai trop réfléchi.

« Le jeu des acteurs, la mise en scène, tout ça… Tu nous en parles, comme dans ton précédent article ? »
Le jeu des acteurs je sais pas, ils parlaient FLAMAND. J’ai rien compris. On reconnaissait plus ou moins Œdipe (le mec bouclé), Jocaste (la cinglée), Tirésias (le papy entouré de gamins) et le papa d’Œdipe (le papy pédophile). Après le reste… Ah si, le Sphinx aussi : la gamine qui bouffe des cailloux. Avec Alabama on a théorisé que les gamins accrochés à la toile d’araignée c’étaient les âmes des pauvres bougres qui se sont fait bouffer par le Sphinx. La mise en scène ? Explique-moi pourquoi Wim Vandekeybus a décidé de faire pleuvoir une centaine (voire plus) de chaussures sur scène ? D’accord, pour le clin d’œil aux pieds d’Œdipe. Mais pourquoi Jocaste devient cinglée et les range toutes par paire dans un grand cercle ? Pourquoi ils se mettent tous à courir en rond ? Même aujourd’hui je comprends pas. En fait, il n'y avait pas vraiment de mise en scène. La chose était un ballet. C'était de la chorégraphie, pure et dure, et pas toujours très claire. 
  
Ne cherchez plus, on a résolu le problème de la sécheresse : faire pleuvoir des chaussures.

Bon, tu l’as compris, Œdipus/bêt noir c’est bizarre, c’est moderne, c’est… flamand. Je donnerai, sur ma petite échelle de un à dix, un trois virgule cinq. Je sais pas pourquoi, juste parce qu’on a beaucoup ri à raconter des bêtises. Et parce qu’il y avait le copain de M. Théâtre.

2 commentaires:

  1. J'imagine bien la pièce >.<' merci pour cet article, j'ai beaucoup rigolé! j'ai fait pas mal de theatre quand j'étais plus jeune, je m'interressais donc aux pièces qui se faisaient autour de chez moi, je suis aussi tombé sur de ces perles...

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    1. Merci de ton commentaire =) C'est vrai qu'on ne tombe pas toujours sur des chefs d'œuvres de mise en scène, ou de jeu. Mais les ratés donnent parfois les meilleurs articles ! As-tu lu mon précédent article ? Je parle aussi des mises en scène modernes qui, disons-le, laissent à désirer. Mais je ferrai aussi un article sur des perles de mises en scène =)

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