jeudi 31 juillet 2014

Coupure de rythme : viens découvrir le mouvement breakcore

Par LordPouic

Croyez-le ou non, dans mes jeunes années, j'ai monté un petit groupe de rock pour le concert de mon lycée (les Killer Rabbits, YEAH). Malheureusement, après une seule représentation, le groupe s'est dissout et j'ai arrêté la musique (oui, je raconte ma vie, mais j'écris cet article le jour de mon anniversaire, alors j'ai un peu le droit, non ?). Comme guitariste, mon principal défaut, à l'époque,  c’était le rythme. Même avec un bon duo batterie/basse, arrivait toujours un moment où je commençais à faire n'importe quoi. Alors quand j'ai découvert qu'un style musical ne voulant pas se limiter à un rythme stable existait, je me suis dit ouuuuaaaah, il faut absolument que j'écoute ça ! C'est comme ça que j'ai commencé à écouter de la breakcore.

Autoportrait à la poule, ou l'homme écoutant du breakcore sur
papier peint de vieux.

Kezaco que le breakcore ? C'est un petit peu compliqué à décrire entièrement pour moi, et cela pour deux raisons : la première est que je ne suis pas un grand connaisseur de l'histoire de la musique électronique. La seconde, c’est que le mouvement, créé en 1990, a beaucoup évolué au fil des années. C'est pour cela que je vais faire une description subjective de ce qu'est pour moi ce mouvement. Le breakcore est, à mon sens, la fusion de plusieurs styles musicaux existant et une rythmique cherchant à créer des breaks (moment de coupure du morceau où la plupart des instruments s'arrêtent), cassant ainsi le rythme de la musique à de nombreuses reprises. La plupart du temps, le rythme n'est pas fixe et la structure du morceau est inexistante. Les morceaux sont ainsi assez longs (et  épuisants pour les nerfs). La batterie est l'instrument principal, celui qui surpasse les autres, et donne une impression de solo rythmique permanent. Elle finit par reléguer les autres instruments au second plan. Ce rythme fou menant le morceau et cherchant la variété est souvent agrémenté de sons de tous horizons. Igorrr, compositeur de breakcore français, utilise souvent des samples de voix (heavy métal et baroque) comme rythmiques pour enrichir sa batterie (écoutez donc Tendon de Igorrr). Il est inutile de dire que les amateurs de musique calme et relaxante ne trouveront pas leur compte dans ce genre musical. La rumeur prétend que certains morceaux de breakcore étaient utilisés comme moyen de torture à Guantánamo… Mais restez, j'ai pas fini, et, promis, c'est pas si horrible que ça.

Alors, petit curieux, déjà à taper sur YouTube « breakcore » pour faire mourir ta mémé et récupérer l'héritage ? Attention, rares sont les bons groupes qui arrivent vraiment à créer des œuvres intéressantes dans ce milieu. L'artiste le plus connu et, à mon avis, le plus talentueux, se fait appeler Venetian Snares. Il est souvent décrit comme le réinventeur de la breakcore de ces dix dernières années. C'est un artiste canadien très prolifique. Certaines années, il va même jusqu'à sortir cinq albums aux influences très variées sous de nombreux noms et/ou labels. Sa musique se différencie des autres artistes de breakcore grâce à son utilisation de nombreux instruments classiques tels que les violons ou les chœurs. Cependant, il change toujours beaucoup son orientation musicale entre chaque album (si ça t’intéresse, va jeter un coup d’œil à l’annexe). En France, nous avons la chance d'avoir de grands compositeurs de breakcore tel qu'Igorrr (mon petit préféré), un musicien de génie qui mélange death metal, hip hop et musique baroque. Fun fact : dans son dernier album, il jusqu'à sample Patrick, sa poule. Après ses débuts au sein du groupe Whourkr, il se fait remarquer par Les Inrocks grâce à son troisième album. La revue le met d’ailleurs à égalité avec des grands de la scène electro/metal, comme Nine Inch Nails ou Marilyne Manson. Rien que ça !

Il existe une grande variété de groupe appartenant plus ou moins au mouvement breakcore. Par ces deux artistes, je n'ai fait qu'effleurer les genres musicaux qui peuvent en être touchés. On trouve des groupes de reggae ou de classique, sans oublier toutes les dérivées de l’électro. Et puis zut. Plutôt que de faire une liste détaillée, je vous fais une petite compilation de morceaux à découvrir allant du plus abordable au plus … spécial.

Cet album contient le morceau Vache.
Indice : elle est un peu partout sur cette pochette.


Annexe :
- Tout Petit Moineau d'Igorr (2/10, encore très soft).
Hajnal de Venetian Snares (niveau de breakcoritude : 3/10, abordable).
- Eureka de Sonic Area (6/10, ça va encore, mais attention).
- Unpleasant Sonata d'Igorr (7/10, là commence le lourd).
- Vache de Venetian Snares (8/10)
- Bonus : Vegetable Soup d'Igorrr (avec des vrais sons de poulet dedans)

Bon, je viens d'écouter tout ça pendant près de trois heures, et je dois avouer que maintenant je n’ai qu'une envie, dormir. Bonne nuit et bonne écoute (si vous osez) !

            

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