jeudi 27 novembre 2014

Clap de fin : "Je suis l'idée" de Kevin Delanne

Par LaManie


Ce qui est beau avec le monde de l'audiovisuel, c'est que tu rencontres des personnes vraiment intéressantes. Vous vous rappelez de mon article sur le tournage du court-métrage d'Olivier Polia (sinon, viens voir mon petit) ? Eh bien, parmi cette petite équipe toute gentille, très unie et venant principalement de l'ESRA de Nice, un monsieur jouait au script-boy. Ce monsieur, il s'appelle Kevin Delanne. Evidemment, nous avons un peu parlé durant le tournage. Puis un jour, un acteur (oui, le même que pour le court-métrage d'Olivier Polia, Big Up Yann!) m'a envoyé un lien en me disant : « Tiens, j'ai joué dans ce petit film, qui est en compétition pour le Nikon Film Festival. Le réal, c'est Kevin, tu te souviens ? Tu votes ? » Bon. Déjà une fois, on est venu à moi, ça a plutôt bien marché. Et si on recommençait ?


J'ai donc cliqué sur le lien du site du Nikon Film Festival, pour enfin arriver sur la page de Je suis l'idée. Cent quarante secondes, une succession de plans et de décors, un jeu entre des voix off et un couple de personnages : une petite comédie agréable en somme, le genre à te donner la banane. Tu peux la voir ici !

J'ai contacté le réalisateur Kevin Delanne pour lui poser quelques questions sur son travail et sa détermination à défendre son idée au Nikon Film Festival.

CADAVREXQUIS

Salut Kevin ! Alors, pour déjà nous placer dans le contexte, est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours ?

KEVIN DELANNE

Pour commencer, je suis sorti de l'ESRA il y a maintenant quatre ans (diplômé un poil plus tard) en section montage. À côté, comme un peu tous ceux qui sont à l'ESRA, j'ai réalisé quelques vidéos dont From the Inside, que je qualifie plus de mini-métrage que de réel court-métrage, que tu peux trouver sur ma page Dailymotion quand j'étais encore en troisième année. Il s'agit d'un projet type science-fiction un peu obscur (deux robots voulant s'enfuir de leur réseau).
Pour la suite, après un petit détour par Genève en stage de montage, j'ai continué à bosser principalement dans la post-production en freelance avec les sociétés VSP/DK Motion et Akamedia, qui se situe dans les environs de Cannes. J’ai aussi travaillé en tant que professeur et intervenant à l'ESRA et l'EFA en effets spéciaux et étalonnage.
En marge du travail professionnel, je continue à réaliser des mini-métrages : Je suis la réminiscence, IMNT, Le silence, et mon dernier, actuellement au concours du Nikon Festival, Je suis l'idée. De plus, je suis en pleine écriture de mon second court métrage.


CADAVREXQUIS

Et justement, comment t'es venue l'idée de participer au Nikon Film Festival ?

KEVIN DELANNE

Disons que cela remonte à l'année dernière quand Diane Capo (ndlr. la copine et co-réalisatrice de Kevin) m'a expliqué qu'il existait un concours permettant de diffuser des court-métrages sur Internet et où les gens pouvaient voter pour leur préféré : c'est pas nouveau, mais elle parlait bien du Nikon. Le sujet de la quatrième édition (ndlr. 2013) était Je suis un souvenir. Il m'était donc venue l'idée de refaire une histoire sur des robots, considérant mon premier mini-métrage comme un échec personnel, à la manière d'un Frankenstein. Mais faute de moyens et de temps, car le concours avait déjà débuté, nous avons juste repris le mythe du Dr. Frankenstein dans une version plus classique, en hommage à l'expressionnisme allemand et au film de genre comme Nosferatu. J'ai ainsi pu présenter Je suis une réminiscence.
Pour cette année, j'ai reçu un mail de la part de Nikon début juin, qui m’indiquait le thème de cette nouvelle édition : Je suis un choix. J'ai donc réfléchi à plusieurs idées de scénarii mais aucune ne me plaisait plus que d'autres.
Ce n’est que début juillet que j'ai trouvé le concept de Je suis l'idée. Le but était pour moi de faire quelque chose grand public, sans prise de tête et surtout drôle, à la manière des vidéos Internet. Je voulais que tout le monde puisse s'identifier grâce aux voix off mais aussi créer une sorte d'auto-dérision et de mise en abyme par rapport au processus de création même. Ce que disent les voix off, c'est exactement ce qu'il nous est arrivé quand on écrivait Gabriel (ndrl. le co-scénariste) et moi. Et c'est pour ça que j'ai aussi choisi cette fin légèrement moralisante.
La préparation a duré un peu moins d'un mois et nous avons tourné début août. La vidéo a été finalisée pour le 1er septembre.

CADAVREXQUIS

Tu mets donc en scène un choix d'histoires, de manière de filmer, mais aussi de jouer et de réagir. C'est un hommage au cinéma et surtout au tournage. Tu peux nous expliquer comment tu as réfléchi à ce concept d'un point de vue artistique ? Quelles étaient tes inspirations ?

KEVIN DELANNE

Pour m'inspirer, j’avais plusieurs références. On retrouve un petit côté action, drame et thriller grâce aux jeux des acteurs, mais aussi à l'étalonnage qui, selon moi, aide à situer les genres cinématographiques que j'ai voulu parodier. Je peux citer Pulp Fiction, American History X ou même L'Effet papillon. Toutes ces inspirations viennent en grande partie d’une certaine culture pop, mais les genres que j'ai abordé peuvent tellement se prêter à des dizaines d'autres films qu'il m'est difficile d'en citer réellement un en particulier.
Le début est plus tourné western, on peut dire. Je n'ai pas eu vraiment de film précis en tête, seulement des plans de duels façon western dont j'ai voulu m'inspirer, ainsi que pour la colorimétrie légèrement orangée, chère aux films de ce genre. Pour la scène où Yann [Lerat] prend Sophie [Payan] dans ses bras, je me suis inspiré D'autant en emporte le vent. Pour information, la plupart des scènes sont des plans séquence. Nous avons énormément répété sur les première scènes et toute la gestuelle a été réfléchie comme une danse. Résultat, Sophie s'est légèrement blessée (une warrior !) avant le tournage. 
Je me suis donc plus intéressé aux genres qu’aux films eux-mêmes pour les références, d'où mes procédés classiques ou clichés par moment. Gabriel m'a aidé par rapport à cela en complétant mes délires et cela nous a permis de surenchérir dans des situations encore plus comiques et exubérantes.
Mais il fallait garder un fil rouge pour éviter de partir en vrille, d'où une conclusion qu'on a fixée dès le début et qui n'a pas changé : c'était un peu notre garde-fou.
J'ai réfléchi à ce concept en me demandant quel cliché, dans n'importe quel genre de film, pouvait avoir un ressort comique :
- Si je te dis film d'action : tu penses à des courses poursuites, des coups de feu et des morts. Une légère tension s'en dégage.
- Si je te dit film romantique : tu imagines une musique légère avec un orchestre pour tenir le tout, un homme et une femme se tenant dans les bras et s'embrassant langoureusement dans une image douce.
- Si je te dit film thriller : tu penses à une ambiance terne (pour ma part je vois ça comme un Fincher), qui nous inquiète, à des personnages qui ne sont pas tranquilles et qui se tiennent sur leurs gardes.

Voila, ce sont plus des généralités qui ont inspiré le film. Le fond vert m'a grandement aidé pour changer les univers sans couper les plans et les jeux des acteurs. Il me suffisait d'un "TOP" par certains moments (en plus de la voix off) pour indiquer aux acteurs les changement de scènes qui avaient lieu. Ils ont vraiment fait un super boulot sachant que cette histoire se déroule à ce moment-là uniquement dans ma tête.

Et même une petite revue presse pour la route !

C'est ainsi que Kevin Delanne m'a fait découvrir son univers et son film Je suis l'idée pour lequel vous pouvez aller voter sur le site du Nikon Film Festival. Pour la suite de son travail, vous pourrez bientôt découvrir L'Inconnu d'Olivier Polia, film sur lequel Kevin est script-boy. 

Un grand merci à lui !

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